Au Théâtre des Champs-Elysées, le Dutch National Ballet rend hommage à Hans van Manen
Adagio Hammerklavier ©H Gerritsen - 1
La programmation TranscenDanses du Théâtre des Champs-Elysées offre régulièrement l’occasion de découvrir de grandes compagnies venues de l’étranger. Pour clôturer en beauté la saison, le Dutch National Ballet est invité avec un programme consacré à Hans van Manen, chorégraphe essentiel du 20ème siècle, décédé en décembre dernier
Relativement peu connu en France, Hans van Manen fait partie des chorégraphes qui ont marqué la danse du 20ème siècle. Auteur de plus d’une centaine de ballets, il sera, à partir des années 70, chorégraphe pour le Dutch National Ballet puis le Nederlands Dans Theater et marquera durablement l’esthétique de la danse néerlandaise, faite de rigueur, d’une connexion étroite avec la musique et d’une utilisation des vocabulaires classique et contemporain. Ce programme, conçu par Vony Sarfaty, productrice de Transcendanses, avec Hans van Manen, nous offre un voyage dans l’œuvre du chorégraphe avec cinq pièces créées entre 1973 et 2005.
La plus ancienne, Adagio Hammerklavier, ouvre la soirée. Sur une sonate pour piano de Beethoven, trois duos dialoguent, se partageant la scène pour une variation ou des ensembles. La gestuelle, très graphique, parfois athlétique, attachée à une certaine virtuosité notamment dans les tours et les sauts, est soulignée par les costumes blancs et le rideau drapé sur le fond de scène animé par un courant d’air. C’est tout un univers à l’esthétique minimaliste qui se révèle et qui se décline ensuite dans Franck Bridge variations, pièce pour dix danseurs et le duo Two pieces for HET. Plus contemporain dans son expression chorégraphique, plus sensuel aussi, Franck Bridge variations qui emprunte son titre à la composition de Benjamin Britten, est une succession de solos, duos et ensembles où le chorégraphe s’amuse des accélérations lyriques de la musique et de ses passages plus intimistes. Two pieces est un duo composé de deux parties où la première joue sur la vélocité des enchainements et la seconde, tout en tension dramatique, se déploie dans une lenteur presque crépusculaire.

Adagio Hammerklavier ©H Gerritsen – 1
Créé en 1977, Solo est en fait constitué de trois solos masculins. Vifs, exubérants, les danseurs tournent et sautent avec une rapidité impressionnante, comme des farfadets espiègles. Virtuose, Solo est un concentré de technique interprété avec naturel et beaucoup d’humour.
La soirée s’achève avec 5 Tango’s. Créé en 1977, ce ballet apparait comme le feu d’artifice final, sur des musiques de Piazzolla. Loin de tout exotisme, Hans van Manen nous convie à un ballet résolument contemporain qui mêle influence jazzy, usage des pointes pour les danseuses et enlacements inspirés du tango. Le ballet se développe autour d’un personnage féminin, incarnation d’une femme puissante et flamboyante. La chorégraphie joue aussi sur les effets d’optique créés par les silhouettes masculines en noir et les jupes rouges des femmes.

Adagio Hammerklavier ©H Gerritsen
Cette soirée est une belle occasion de découvrir l’œuvre d’Hans van Manen, sa recherche, parfois un peu austère, de la beauté formelle, du geste juste dépouillé de toute ornementation, mais aussi sa manière d’évoquer les rapports humains en utilisant l’abstraction. C’est aussi l’occasion de découvrir l’excellent Dutch national Ballet et ses artistes dans leur répertoire de prédilection.
Stéphanie Nègre.
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